vendredi 20 mars 2015

Concert "Et si tout ça n'était qu'un rêve" par l'Orchestre d'harmonie de l'Ecole de Musique de Bouguenais


Du 20 mars au 11 avril 2015 à la Médiathèque Condorcet
Exposition   Irène Bonacina, illustratrice
Entrée libre, aux horaires d'ouverture de la médiathèque


Samedi 28 mars 2015 de 10 à 12h à la Médiathèque Condorcet
Atelier d'illustration parents-enfants  par Irène Bonacina
A partir de 6 ans. Gratuit, sur inscription auprès de la médiathèque.


Vendredi 27 mars 2015 à 20h à la Médiathèque Condorcet Les Vendredis de la Médiathèque  Rencontre avec l'illustratrice Irène Bonacina
Tout public - Entrée libre et gratuite, dans la limite des places disponibles


Samedi 28 mars 2015 à 20h au Pianocktail
Concert - projection "Et si tout ça n'était qu'un rêve" par l'Orchestre d'harmonie de l'Ecole de Musique


Loin de chez eux, près de chez vous: ne pas être aveugle



Le projet de l’UPE2A du collège Vaillant de Bordeaux est un projet citoyen et artistique.

Les élèves travaillent sur le thème de la cécité. Ils réalisent 4 albums en braille, lus aux enfants de maternelle.

Puis, à partir du roman de Loin des yeux, près du coeur, ils dessinent et écrivent un storyboard, avec Jérôme d’Aviau, auteur-illustrateur.

Le storyboard sert à la réalisation d’un court-métrage, avec l’aide de Sébastien Gendron, scénariste-réalisateur.

Avec leur professeur d’éducation musicale, Mme Poujols, ils préparent et enregistrent la chanson L’amitié qui sert au générique.

Et la vidéo sera présentée au Théâtre National de Bordeaux en Aquitaine le 12 juin 2015 !

Voir les détails de ce projet sur le  ce site dédié à l’enseignement du français en tant que langue seconde aux élèves allophones nouvellement arrivés en France : Français langue seconde. 

lundi 2 février 2015

C'est drôle la vie!... l'avis de Ricochet


C'est drôle la vie. La vie de petit Tom

C'est drôle la vie. La vie de petit Tom

Auteur : Thierry Lenain
Illustrateur : Benoit Morel
Editeur : Bulles de savon
Novembre 2014 - 14 Euros
Album à partir de 4 ans
ISBN : 9791090597228
Thèmes : Famille - Parent, Vie quotidienne, Emotions

L'avis de Ricochet

Parce que les sentiments sont très souvent ambivalents, on peut penser une chose un instant et son contraire juste après. Thierry Lenain explore le phénomène en donnant des exemples concrets tirés de la vie quotidienne des enfants. Exemples: « C'est drôle comme dans la vie, on a parfois envie de voir apparaître ses parents… et comme parfois on a envie de les voir disparaître ! » ; « C'est drôle comme dans la vie, on a envie d'arracher les ailes de toutes les mouches… et comme parfois on a envie de protéger toutes les bêtes, même les mouches ! » ; « C'est drôle comme dans la vie, on a parfois envie de faire pipi sans pouvoir se retenir… et comme parfois on a envie de faire caca et on n'y arrive pas ! »

Les illustrations de Benoît Morel sont éloquentes et marrantes, elles soulignent avec espièglerie le propos.

Une nouvelle série réussie pour aider les bambins à appréhender leurs ressentis : « Parce que dans la vie, on a parfois envie de rien, et puis de tout, et puis de rien, et puis de tout »…

Emmanuelle Pelot
Voir la chronique de Emmanuelle Pelot

Brève présentation par l'éditeur

As-tu parfois envie que ta maman joue avec toi et parfois envie de rester seul dans ta chambre ? Parfois envie d’avoir un bisou et parfois pas du tout envie ?

Alors, tu es comme petit Tom, dont voici le début des aventures.

Feuilleter un extrait

vendredi 2 janvier 2015

Merci Momiji, de me faire si bien commencer 2015....



«Radhija est une petite fille qui se pose des questions : et si elle n’existait que dans le rêve d’une personne ? Et si les gens qui l’entourent n’était que des rêves qui s’entremêlent au sien ? A-t-elle la possibilité de faire des choix, des rêves, qui à leur tour vont faire changer les songes de départ et peut-être même le monde qui l’entoure ? Tous les adultes qu’elle interrogent et même son chat ont du mal à lui répondre. Mais Radhija creuse la question et inlassablement réfléchit…

Aérien, poétique et touchant, ce petit ouvrage est une invitation à un voyage philosophique qui m’a particulièrement plu. Sans chercher à résoudre une énigme ni à apporter une réponse toute faite, Thierry Lenain et Irène Bonacina nous emmène dans une balade où chacun sera amené à interpréter le chemin qu’il traverse. Non dénué d’une subtile touche d’humour sur les relations enfant-adulte, ces pages nous tendent une main pour apprendre à se (re)découvrir, à se retrouver et à se (ré)interroger sur les liens que nous tissons avec les autres, avec nos rêves et notre incroyable capacité à nous réaliser. Il nous entraîne aussi dans un dialogue où le rêve est une métaphore de la vie.

Les magnifiques illustrations d’Irène Bonacina, délicates et chatoyantes, marient un traité impressionniste à un trait figuratif. Elles viennent illuminer le récit d’une palette colorielle variée qui rythme l’ensemble avec douceur. Personnages, formes géométriques rentrent en résonance et nous procurent un réel sentiment d’entrée dans le monde des rêves. On se prend à s’arrêter pour les contempler et prolonger le voyage qui s’apparente à une quête de plus en plus dense et profonde, pour faire durer cet agréable moment de lecture dont on ressort apaisé.

Un ouvrage qui est à mettre entre les mains de tous les enfants tant pour la beauté de son message que pour l’esthétisme qui s’en dégage.»

Le blog de Momiji, c'est ici !

Et si tout ça n’était qu’un rêve ? Thierry Lenain et Irène Bonacina, éditions MeMo

dimanche 21 décembre 2014

L'e-médiathèque qui rend bien des services ! ;-)

Et bien voici une e-médiathèque, celle de Saint-Quentin en Yvelines, qui rend bien des services....

D'un clic : ici !

vendredi 28 novembre 2014

C'est drôle la vie sur Enfantipages !


24 novembre 2014, par Anne Loyer   

La vie c'est marrant c'est jamais comme on croit et ça fait jamais ce qu'on veut. Insaisissable, fuyante, surprenante mais toujours passionnante ! C'est drôle comme on veut tout et son contraire, qu'on veut faire un truc et qu'on fait tout l'inverse !

Thierry Lenain (Lire aussi Mademoiselle Zazie déteste la maitresse,  Mademoiselle Zazie a des gros nénésMademoiselle Zazie ne veut pas être hôtesse de l'air) raconte cette énigme qu'est la vie avec humour et simplicité.

Des petites scénettes, mises en images par Benoit Morel (Lire aussi Au boulot !) au trait appuyé et au décor sobre, mettent en exergue ces sentiments qui animent Tom, mais pas que, et qui nous prennent le plus souvent par surprise... mais qui font le sel du quotidien !

Dès 4 ans on se retrouve et on s'en amuse !

Anne Loyer , http://enfantipages.blog.lemonde.fr

Editions Bulles de savon. 32 pages. 14 euros.

dimanche 23 novembre 2014

C'EST DRÔLE LA VIE ! Nouveauté...



C'est une nouveauté, que vous pouvez acheter dans toutes les librairies - et sur le stand C37 des éditions Bulles de Savon au salon de Montreuil.

- Lire un extrait en ligne :
http://www.calameo.com/read/000416779fc3f0d0b6fdc

- Sur le site de l'éditeur, en compagnie de Petites histoires du Monde, un livre CD de Jean-Claude Carrière, Ma Bohème, un album d'Anne Brouillard, et Génération Mur, un roman d'Hervé Mestron :
http://www.editions-bullesdesavon.com/

mercredi 17 septembre 2014

Zazie sur le blog de BDLL



(...) Toujours un régal d'un bout à l'autre les petits romans de mademoiselle Zazie !  Celui-là parle d'écrivain qui écrit des histoires nulles, de maîtresse pas forcément correcte (l'amour ça rend bête !), et surtout d'une petite fille qui a la tête bien sur les épaules, et qui sait ce qu'elle veut et ce qu'elle ne veut pas ! L'auteur nous remet une dose d'impertinence et d'anti-sexisme comme dans les précédents volumes tout en étant toujours aussi drôle.(...)

jeudi 31 juillet 2014

Mademoiselle Zazie lue par Stef sur Ressources pour s'amuser ensemble


Mademoiselle Zazie a toujours autant de caractère !

« (...) On a aimé :
Le personnage de Zazie, petite fille qui ne réduit pas ses rêves à ce qu'on attend des fillettes
Une vraie histoire à lire facilement avec un texte illustré et un texte gros et bien espacé
La fin heureuse, sans pour autant que Zazie soit contrainte à être autrement qu'elle-même » Intégralité du post ici


mercredi 30 juillet 2014

Mademoiselle Zazie chez ADP PEDAGO

Mademoiselle Zazie a des gros nénés«Du côté des romans, je vous suggère Mademoiselle Zazie a des gros nénés de Thierry Lenain et Delphine Durand, dans la collection Premiers romans chez Nathan. Je vous reparlerai de la série Mademoiselle Zazie plus loin. Ce petit personnage est un modèle de non sexisme! Si le roman peut être lu par les élèves dès le 1er cycle, je vous suggère de l’utiliser aussi avec les élèves du 2e cycle. Dans ce texte, Thierry Lenain aborde avec humour et intelligence le thème de la nudité (ou de la suggestivité) dans la publicité et des concours de beauté. Zazie surprend son amoureux Max en train d’embrasser les seins d’un mannequin sur une publicité dans la rue. Max lui explique, un peu gêné, qu’il note les femmes des publicités en fonction de la grosseur de leurs seins! Ah oui! Zazie aussi peut juger… Elle n’a pas dit son dernier mot… Le roman (que vous pouvez animer à la manière d’un album) permet une discussion autour du thème de la beauté. On peut demander aux élèves s’ils aimeraient qu’on se mette à les noter en fonction de leur physique et parler des conséquences que cela pourrait avoir. Comme dans l’histoire, les élèves pourront trouver d’autres critères que celui de la beauté pour décider si une personne mérite une bonne note.»

C'est sur le blog ADP PEDAGO, dans l'article  L’égalité entre les garçons et les filles: lutter contre les stéréotypes sexistes grâce à la littérature jeunesse


Les rallyes-lecture / écriture Mademoiselle Zazie





samedi 5 juillet 2014

Mlle Zazie ne veut pas être hôtesse de l'air lu par Anne Loyer

zazie6

«La maîtresse est en ébullition : un auteur va venir dans la classe. Pour fêter ça, elle a la bonne idée de monter une pièce de théâtre autour de l'une de ses histoires. Et paf ! Les rôles sont attribués à Zazie et Max. Elle sera hôtesse de l'air et Max conducteur de tractopelle. Sauf que Zazie n'aime pas les histoires de l'auteur et refuse tout net d'endosser le rôle de l'hôtesse de l'air énamourée, prête à s'évanouir pour les beaux yeux du chauffeur d'engin. Heureusement Max a une idée, une idée d'amoureux !

Une fois de plus Zazie fait sa mauvaise tête et, une fois de plus, elle tord le cou aux clichés gros sabots. Thierry Lenain et Delphine Durand (Lire aussi Mademoiselle Zazie déteste la maitresse, Mademoiselle Zazie a des gros nénés, Mademoiselle Zazie a des gros nénés) forment un duo bien rodé et délivrent un humour anti-sexiste particulièrement bienvenu. Pour rire dès 6-7 ans.»


Sur le blog d'Anne Loyer, http://enfantipages.blog.lemonde.fr/

mercredi 2 juillet 2014

C'est ta vie ! lu par Légothèque



C’est ta vie ! : l’encyclopédie qui parle d’amitié, d’amour et de sexe aux enfants

Légothèque


C’est ta vie ! de Thierry Lenain et Benoît Morel, a été récompensé par le prix Sorcières 2014, dans la catégorie documentaire. L’occasion de revenir sur ce livre jeunesse, qui avait retenu l’attention de Légothèque au moment de sa parution …
L’ABF a d’ailleurs salué cette récompense dans sa newsletter de juin 2014, et rappelé à cette ‘occasion   "le besoin pour l’ABF de réaffirmer la vocation des bibliothèques à proposer des collections reflétant les tendances contemporaines et l’évolution de la société. "
"C’est ce qu’on aurait aimé entendre à l’âge de nos premières questions embarrassantes sur la vie, puis de nos premiers émois, des premières transformations de nos corps, sources de perplexité ou d’angoisse. C’est un documentaire, mais c’est aussi une histoire, celle de ta vie, de ma vie, une histoire universelle et pourtant toute personnelle pour chacun d’entre nous. Au départ de cette histoire : l’amour ou autre chose, une rencontre, les liens, les corps, l’amitié ???? et la suite : la conception, la grossesse et la naissance – ou pas.
illustration Benoît Morel
Car le grand art de l’auteur est, sans aucun parti pris, d’expliquer en laissant la place à l’alternative et aux choix de chacun. C’est raconté en toute simplicité, en toute fluidité, en toute vérité. Un langage simple et direct avec une mise en images plus personnelle que la photo. Plutôt qu’une description documentaire illustrant des explications scientifiques, l’illustrateur a, de son côté, opté pour des dessins et des peintures, représentations précises avec un véritable caractère esthétique, capables de solliciter l’émotion du lecteur. Dès lors, parler de sentiments, de la manière de les vivre et de les exprimer par le corps, devient naturel. Ce documentaire propose un point de vue différent pour de nouvelles réponses aux questions des enfants qui mettent souvent les adultes en difficulté. Sans gêne inutile, il décrit avec des mots justes les gestes de l’amour et, plus largement, toute une partie de ce langage corporel propre à tous les humains. Ce faisant, il ouvre à la tolérance et à la compréhension des autres tout en levant un voile sur l’histoire intime de chacun."
Les références, au cas où cet article ait suscité des envies de commandes :
C’est ta vie ! : l’encyclopédie qui parle d’amitié, d’amour et de sexe aux enfants, de Thierry Lenain et Benoit Morel, Editions Oskar, 2013, ISBN : 1021400416 , 19,95 €

lundi 12 mai 2014

Auto-interview à propos de C'est ta vie !

(Auto-interview publiée sur le site de Citrouille, ici)

- D’où t'est venue l’idée de ce documentaire sur la sexualité ? Il en existe déjà pas mal...
- C’est une responsable du Planning familial de Gironde, rencontrée dans la librairie Comptines de Bordeaux, qui m’a suggéré de m’atteler à ce projet. Elle se faisait la porte parole d’éducateurs, de médiateurs et de parents qui avaient envie de proposer aux enfants un autre documentaire que ceux existants, plus proche de ce qu’il avaient à leur dire, eux, de la sexualité et plus généralement des rapports humains. Et les histoires de Zazie lui laissait penser que je pouvais avoir une approche allant dans ce sens. Je crois qu'au départ, elle avait prévu que j'allais écrire ce que le Planning imaginait… Et puis j'ai pris mon envol :-) Mais je sais aujourd'hui qu'elles sont très satisfaites0 du résultat, sauf de la couverture, qu'elles trouvent trop centrée sur le foetus et la naissance. 

- Et pourquoi t'es-tu lancé dans cette aventure ?
- J’ai beaucoup, et publiquement - dans Citrouille, notamment -  critiqué les documentaires sur la sexualité pour les enfants, leur reprochant généralement de reproduire les clichés, les valeurs morales réactionnaires... C’était intéressant de relever le défi et d’accepter de construire au-delà de la critique, toujours plus facile...

Photo Simon Roguet librairie M'Lire de Laval

-Tu n'avais jamais écrit de documentaire...
- Non. Et je crois bien que ç’aura été mon plus grand chantier d’écriture, le texte où j’aurai pesé et soupesé comme jamais chaque mot. J’ai voulu faire un documentaire d’auteur, avec une écriture, un parti pris, une envie d’offrir au lecteur un ouvrage qui lui permette de mieux comprendre le monde, de le comprendre différemment - et pas seulement d’apprendre quelque chose “d’objectivement scientifique” qu’il ignorait peut-être. C’était aussi vouloir lui permettre de porter un regard peut-être renouvelé sur sa propre histoire de vie. Mais il fallait pour cela que j’accepte que ma réflexion interroge mes propres représentations, les bouscule, que je traque dans mon texte ce que je déclarais ne pas vouloir y mettre, et qui pourtant parvenait à s’y écrire !

- Un exemple ?
- D’abord écrire : “le pénis de l’homme durcit, ce qui lui permet d’entrer son sexe dans le sexe de la femme”. Puis effacer et écrire : “Le pénis durcit, et le vagin s’élargit et devient humide. La femme et l’homme peuvent alors assembler leurs corps. Ils font entrer le pénis dans le vagin.” Ou d’abord écrire : “Après l’éjaculation les spermatozoïdes se déplacent vers l’ovule qui attend dans l’utérus, et un spermatozoïde va alors entrer dans l’ovule”. Puis effacer et écrire : “Les contractions des muscles du vagin dirigent les spermatozoïdes vers l’utérus, puis ils se déplacent dans les trompes... où se trouve peut-être un ovule ! Si c’est le cas, cet ovule et un spermatozoïde vont pouvoir se rencontrer et se mélanger. “ J’ai même appris à cette occasion que c’était dans les trompes et non dans l’utérus qu’avait lieu la fécondation !

 - A quelle idée originale tenais-tu le plus ? 
- A ce qui est l'idée directrice  du projet : la fécondation, sur laquelle on va s’attarder, c’est certes l’expression d’une relation humaine particulière, mais cette relation appartient à un registre beaucoup plus large de rapports humains tout aussi importants, qu’ils soient amoureux, amicaux ou sociaux. Et chacun de ces rapports comportent non pas une norme et des anomalies, mais des variantes qu’on ne va pas taire dans le documentaire, ni forcément limiter à quelques petits encadrés hors texte.



- Par exemple ?
-Eh bien : avant la fécondation,  y a ou il n’y a pas le désir de la fécondation; il existe donc deux façons de devenir parents : en le décidant avant ou après la fécondation... De la même façon : devenir parent ensemble, c’est l’expression d‘un amour très fort, mais on peut aussi s’aimer très fort sans avoir envie de devenir parent. Comme on peut s’aimer sans avoir envie d’habiter ensemble, ou ensemble tout le temps... Ou : les caresses sexuelles apportent beaucoup de plaisir au couple qui s’aime, mais des individus peuvent aussi avoir du plaisir à s’en donner sans être pour autant amoureux... et on peut aussi être très amoureux et ne pas aimer les caresses sexuelles. Également : ces caresses-là appartiennent à un registre plus large de gestes, parfois codifiés différemment selon les cultures, et qui mettent les individus en lien. Mais chacun doit rester libre d’accepter ou de refuser ces gestes, de les réinventer, entièrement ou en partie. Et c’est d’ailleurs cela le plus important : la liberté qu’on doit reconnaître à l’autre dans son rapport à nous. Jusqu’à lui reconnaître le choix de ne pas avoir envie de rapport avec nous...

Photo librairie Pages d'Encre d'Amiens

- La place que tu accordes à l’homosexualité dépasse aussi largement celle “d’un petit encadré hors texte” qu’on trouve dans d’autres documentaires...
- Elle correspond tout simplement à la réalité de l’homosexualité masculine et féminine dans notre monde, et à l’évolution de sa reconnaissance dans notre propre pays... Ce qui m’intéressait aussi, à ce propos, c’était d’évoquer l’homophobie en tant que peur de l’homosexualité, peur de tout ce qui n’est pas “normalité”... Mais la normalité humaine est diverses et plurielle, c’est une chance pour notre espèce, et c’est un point de vue que je voulais partager avec les enfants.

- Tu ne trouves pas que le lectorat visé, celui des 7/10 ans, est trop jeune pour toutes ces nuances, ou du moins qu’il n’est pas utile d’être si nuancé pour cette tranche d’âge ?
- Non, et même au contraire. Je crois que c’est à cet âge - sinon plus tôt - que s’installe les premières représentations fondatrices des rapports humains, de la sexualité, du couple, et que les enfants sont confrontés à celles que leur imposent le discours ou la pratique dominants, la publicité, la gouaillerie... sans que le plus souvent cela interroge les adultes ! Le projet de ce documentaire, c’est aussi de proposer un autre point de vue sur les rapports humains, un point de vue avant tout organisé autour de la reconnaissance de la diversité, et du respect de chacun dans cette diversité. En rappelant de manière toute aussi forte les lois, qu’elles soient celles qui protègent les enfants des désirs d’adultes, celles qui sanctionnent la discrimination sexiste ou l’injure homophobe, ou celles qui permettent de casser un mariage forcé.

- Un mot de ta collaboration avec Benoit Morel ?
- Ben... Il n'a qu'à s'auto-interviewer lui-même ! Mais je dirai quand-même : ce qui m'est apparu évident à un moment de l'élaboration du projet, c'est qu'il fallait à côté du texte les images d'un artiste. Pour dire la poésie, la beauté, l'émotion, la sensualité... Et dans ce livre, les images de Benoit sont celles d'un artiste. Et puis c'est ensemble qu'on a choisi de représenter ceci plutôt que cela (pas d'enfant nu, par exemple, pas de schéma de la pénétration, le mouvement, "en rotation" sur la double page, des corps en fusion du couple qui fait un enfant, certains dessins laissés sous forme d'esquisses, l'extrême présence du métissage, la position des mains ici plutôt que là, le drap baissé jusqu'ici plutôt que jusque là...) On a discuté des heures durant de tas de détails, et puis de la mise en page, aussi, réalisée également par Benoit.  Benoit est à 50% dans la réussite de ce doc. Et si on a pu travailler comme ça, c'est grâce à Oskar, notre éditeur, qui nous a laissé carte blanche - une carte blanche attentive et haute en espoir - et qui a investit le budget nécessaire pour une impression haute en qualité.

Photo librairie Pages d'Encre d'Amiens



- D'autres personnes ont-elles collaboré à votre travail ?
- J'ai régulièrement envoyé le texte, puis les illustrations,  à des ami-e-s, à des libraires, de sensibilité différentes. Et j'ai souvent tenu compte de leurs réactions et réflexions. Benoit, de son côté, a fait lire l'ensemble à des "professionnels" (sage-femme, médecins) et là aussi, nous avons tenu compte de leurs remarques ou des rectifications ou compléments d'informations qu'ils nous donnaient.

- Le premier accueil réservé au livre a-t-il correspondu à votre espérance ?
- Quand on a lu les premiers retours sur le web, avec Benoit, on n'en revenait pas. On avait l'impression que les gens lisaient ce documentaire exactement comme on l'avait conçu, et qu'ils l'appréciaient exactement pour les raisons pour lesquelles on l'avait conçu ainsi... Un vrai bonheur !


Lire également ici le mot de l'éditeur