L'émission Sud radio c'est vous de mercredi dernier était consacrée à la question Comment parler de sexualité aux enfants?, et on m'avait proposé d'y participer. En ligne ici : http://www.sudradio.fr/…/Su…/Maman-comment-on-fait-les-bebes


«Quand deux fleuves se rencontrent /  ils n’en forment plus qu’un / et par fusion nos cultures deviennent indistinctes  / elles s’imbriquent et s’encastrent  pour ne former qu’un /  bloc d’humanité debout sur un socle.» - Vidéo : ici

2004 - Demain les fleurs (comme dirait Mélenchon) - Des arbres morts qu'un grand-père et son petit-fils s'acharnent à recouvrir de pages de livres transformées en fleurs de papier.... Le premier album dont elle n'était pas l'auteur et qu'Anne Brouillard a accepté d'illustrer (oui, je m'la pète, mais y'a de quoi émoticône smile )- Exergue : «Demain il fera nuit, je l'ai lu dans un livre, et les enfants iront de porte en porte, de ville en ville.» (Gérard Manset) - Dédicace : «À mes enfants, qu'ils n'hésitent pas, si un jour leur printemps ne vient pas, à arracher les pages de mes livres.» - Joyeux Noël à tout le monde. A l'année prochaine avec de nouveaux livres illustrés (et j'en suis très heureux !) par Manon Gauthier illustration,Ana Pez, Thanh Portal, Benoît Morel, Jean-Luc Englebert et un(e) autre artiste pas encore trouvé(e). À paraître chez D'Eux (Yves Nadon), Éditions Sarbacane, Éditions Nathan, Little Urban et Oskar Éditeur.



Alors là, je ne pourrai pas remonter plus loin, vu que c'est mon premier bouquin en 1988, illustré par Romain Slocombe himself, celui de Tokyo Girl, j'hallucinais! Un an plus tôt, impressionné comme un môme qui apporte sa rédac, j'avais retravaillé le manuscrit dans l'appartement parisien de Claude Gutman à qui je dois beaucoup (avec Catherine Teissandier, Joseph Périgot, Suzanne Bukiet...), et chez qui j'ai peut-être croisé le jeune ado Colas Gutmanqui avait 15 ans émoticône smile Exemplaire acheté à la Librairie Arthaud à une époque où les numéros de téléphone n'affichaient que 8 chiffres... Le texte de l'édition actuelle a été modifié pour, se rapprocher d'une première mouture du texte (merci à Syros)




Une autre des raisons pour lesquelles je n'ai pas signé la pétition de la Charte, c'est sa plainte à propos des à-valoirs présentés comme une des causes de la famine des auteurs : «les maisons d'édition proposent des à-valoir dérisoires».

Mais les à-valoirs, c'est pas une rémunération, c'est -la plupart du temps- un attrape-couillons, un os à ronger.

L'à-valoir, c'est ce qui fait qu'en réalité les auteurs acceptent un système où ils ne perçoivent le revenu de leurs ventes qu'au bout d'un an et demi quand ce n'est pas plus. Alors qu'un paiement au moins tous les six mois, ça ne serait pas qu'un peu normal, non ?

L'à-valoir, c'est ce qui fait que quand tu n'es pas un auteur à succès, tu acceptes un droit d'auteur plus faible que s'il n'y avait pas d'à-valoir.

L'à-valoir, c'est ce qui fait que tu peux être plus payé que ce que tu vends…. ce qui n'a en soit rien d'une évidence logique, et qui surtout permet par ailleurs au sytème de t'imposer d'autres trucs bien moins avantageux.

L'à-valoir, c'est ce qui fait que t'écris pour l'à-valoir.

L'à-valoir, c'est le système qui laisse à penser que tous les éditeurs sont des gros capitalistes avec des comptes en banque qui explosent et qu'ils n'ont qu'à puiser dedans.

Et - last but not least - l'à-valoir, c'est ce qui permet de faire croire qu'on te paie un temps de travail, mais en réalité pas du tout. Quand un éditeur commande une oeuvre à l'auteur - je pense notamment aux illustrateurs - c'est le temps de travail nécessité par cette oeuvre qui devrait être effectivement et concrètement payé, sans remboursement sur les droits d'auteur à venir qui ont eux à voir avec la propriété de l'oeuvre et ses ventes. En fait, un illustrateur à qui on commande un travail et qui est "rémunéré" avec un à-valoir, c'est un illustrateur qui, en 2015, travaille gratos.

L'à-valoir, plutôt qu'être une arme du système pour que l'auteur accepte de se faire avoir, ne devrait être qu'un moyen de pression de l'auteur à succès pour obtenir quelques avantages de plus. Autrement, le plus souvent, c'est un attrape-couillons.

Papy Thierry 




Hier plusieurs chiffres sont venus se télescoper sur mes écrans, et qui parlaient de la même chose: ventes et tirages des livres jeunesse. En même temps, c'est normal que ces chiffres soient aujourd'hui si médiatisés: l'édition jeunesse migre vers la cour des grands, et c'est maintenant la com' façon "marketing des grands" qui se charge d'elle. Et c'est quoi l'argument qu'elle préfère, la com' des grands ? Celui du vedettariat défini par le nombre de ventes.

Et hop donc: ici on vous présente un auteur jeunesse à 3 millions d'exemplaires, là deux autres à 10 millions… Ici, c'est le placement en à peine quelques mois de 12000 exemplaires d'un roman à 15€, là le tirage d'un autre qui atteint 22000 exemplaires encore plus rapidement… Ailleurs c'est la traduction revendiquée d'un roman dans 29 langues, là c'est une adaptation au cinéma…

Qu'on ne se méprenne pas: sincèrement, je dis bravo à ce succès. Il est justifié et je ne prétends pas le moins du monde qu'il prouverait qu'il n'y a pas à se battre pour un taux de droit d'auteur réajusté pour tous (et à se battre pour davantage, même, puisque je pense pour ma part qu'il faudrait, en sus, imposer le PSTA).

En revanche, amis chartistes, je me permets une petite remarque : il serait peut-être opportun de revoir l'argument de la pétition que vous m'invitez à signer : «Se consacrer à l’écriture ou à l’illustration, c'est mourir de faim.»

Parce que même si, en se référant à votre autre affirmation chiffrée et quelque peu globalisante, ces auteurs à succès sont à 6%  - ce que je ne veux pas savoir - affirmer qu'ils meurent de faim prête à sourire… Ou alors c'est ne faire référence qu'aux auteurs qui vendent peu, ou qui vendent des ouvrages à bas prix ?  Mais je ne suis pas sûr que même 3% de plus apaiseront les estomacs criant famine de ceux-là (et par ailleurs, pourquoi un auteur qui se consacrerait à l'écriture ou a l'illustration, et qui ne vendrait que peu, devrait-il pouvoir tout de même vivre de son travail? Il n'y a rien d'évident là-dedans...)

Ce qui, encore une fois, ne signifie pas qu'il n'y a pas à se battre pour obtenir 3% de plus. Il faut se battre, mais simplement au motif qu'il n'est absolument pas normal que l'auteur perçoive si peu sur ce que débourse un acheteur pour UN exemplaire de ses livres. Il n'y a pas besoin pour le justifier d'écrire un argumentaire misérabiliste, ou de se la jouer nouveaux damnés de la terre. Il n'y a pas besoin d'invoquer d'autres raisons, et notamment celle qu'il faudrait forcément que l'auteur puisse vivre de son écriture ou de son illustration. Ça, c'est une autre question, bien plus complexe, qui dépend de bien plus de facteurs que le seul droit d'auteur. Avancer cette raison pour exiger 3% de plus, c'est se priver à court terme, je le crains, de pas mal de crédibilité...

(…) Tueur de Chats continuait à délirer tout seul, qu'on était plus chez nous (…) Quelqu'un lui a répondu - Faut t'y faire grand-père, aujourd'hui la France elle est de toutes les couleurs !

J'ai trouvé ça joli comme phrase, on aurait dit un arc-en-ciel, mais Mehdi pleurait toujours. (…)


C'était dans le premier texte que j'ai écrit, en 1986, pour mon premier enfant encore dans le ventre de sa mère (j'écris pour les enfants, pas pour être écrivain). 30 ans plus tard, cet enfant a enfanté à son tour. Et dimanche soir, quels que soient les résultats, le soleil sera au fond de nos poches.

En 1992, je publiais Je me marierai avec Anna, l'histoire d'une gamine qui savait mordicus que plus tard, elle se marierait avec sa copine et qu'elle aurait des enfants avec elle. Ce texte était merveilleusement illustré par Mireille Vautier (qui n'a jamais dit si le dessin du bac de la fontaine, sur la dernière page, avait volontairement cette forme ou pas émoticône smile). Le livre était dédié à Isabelle et Marie-Pierre qui depuis se sont mariées. Le voici en ligne:






Autres titres du jUkeBoX de [sTenciL] : pLaylisT



La vision du monde de Max est bouleversée par l'arrivée de Zazie, nouvelle élève dans sa classe. Jusqu'à ce jour, il pensait que toutes les espèces du monde étaient divisées en deux catégories, les « avec zizi » et les « sans zizi ». Mais Zazie présente toutes les caractéristiques d'un « avec » : elle est forte au foot, dessine des mammouths, monte mieux qu'un garçon dans les arbres... ce qui ne manque pas d'intriguer Max... Sa curiosité les entraine dans une série de situations cocasses qui leur mettent la tête à l'envers et secouent les idées reçues. Une fable optimiste en 3 tableaux pour comédiennes et marionnettes.

Le site de la Compagnie 3637 http://www.compagnie3637.be


Habria que..., la version espagnole de Il Faudra, lue et enregistrée par les élèves de l'école La Paredilla, Vecindario (Santa Lucía, sur l'île de Gran Canaria), pour leur radio (ici)












Bon, pour en finir avec ce remember et que je passe à autre chose, vous pourrez (re)trouver le Manifeste du droit fixe et ses signataires (avant la création du syndicat SCEI, donc) ici :
http://thierrylenain.free.fr/manifesteDF.htm
et sa FAQ ici:
http://thierrylenain.free.fr/faq.html 
Et comme un auteur jeunesse se doit de tout finir avec humour, permettez que je réponde ici à ce MP qui me demandait pourquoi tout ça s'est cassé la gueule : parce qu'on n'avait pas pensé aux armes fatales, le tee-shirt imprimé et le jet d'olives.

*****

Remember : Il y a dix ans, un collectif de plus de 700 créateurs et médiateurs a défendu l'idée de la création d'une taxe, d'abord appelée "DROIT FIXE À 50 CTS" sur la base des réflexions contenues dans ces documents, avec l'appui d'un avocat spécialisé dans la propriété littéraire: Me Antoine Gitton http://www.gitton.net/ (si vous désirez lire sa consultation et ses conclusions, contactez moi par mail). Puis le collectif est devenu un Syndicat (SCEI) revendiquant la création d'une Convention Collective de l'Ecrit et de l'Image, et l'instauration de cette taxe conçue de manière plus affinée par Me Gitton sous la forme de la PSTA et de la TCP. J'ai animé un temps ce collectif et ce syndicat, avec Patrice Favaro, Yves Pinguilly, Stephane Girel, Frédérick Mansot et d'autres. Puis nous avons mis la clé sous le paillasson. À cette époque, j'ai remis toutes les archives de ce syndicat à La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse.










Après s'être mis les libraires à dos, la Charte les appellent maintenant à la soutenir dans ses revendications auprès des «éditeurs qui ne veulent pas entendre». C'est une stratégie comme une autre…

Une stratégie qui me confirme dans l'idée que, oui, nous avions raison il y a dix ans quand nous affirmions que le travail de l'auteur doit être reconnu comme spécifique, et donc être rémunéré de manière spécifique, par une taxe spécifique, indépendante de toute négociation duelle de l'auteur avec l'éditeur; par une taxe instaurée et régulièrement réévaluée par une Convention Collective de l'Écrit et de l'Image; par une taxe incluse dans le prix du livre, mais indépendante de son montant (parce que même 2% de plus sur un livre à 3€ ou 5€, ça fait pas grand chose… C'est le prix du livre qui est aussi en cause, et qui fragilise plus l'auteur que le libraire; car quand le librairie vend deux livres à 5€, ce ne sont pas forcément deux livres du même auteur); par une taxe appliquée même sur les soldes, mêmes sur les livres numériques… Par une taxe fixe complémentaire du droit d'auteur proportionnel. Car même s'il pouvait, et avec raison, se voir imposer un pourcentage minimum, le droit d'auteur dépend aussi en grande partie du prix du livre, du plan marketing, de la solidité des reins de la maison d'édition, de la notoriété de l'auteur, de son histoire avec l'éditeur, de l'engouement des lecteurs pour l'oeuvre en question, bref relève aussi de la bonne vieille négociation avec l'éditeur.

Mais bon, tout cela, c'était il y a dix ans. C'était avant… D'ailleurs, à propos de lunettes, voici deux autres graphiques qui valent bien un fromage ou une pizza.

Bon Salon à toutes et tous !





Remember : Il y a dix ans, un collectif de plus de 700 créateurs et médiateurs a défendu l'idée de la création d'une taxe, d'abord appelée "DROIT FIXE À 50 CTS" sur la base des réflexions contenues dans ces documents, avec l'appui d'un avocat spécialisé dans la propriété littéraire: Me Antoine Gitton http://www.gitton.net/. Puis le collectif est devenu un Syndicat (SCEI) revendiquant la création d'une Convention Collective de l'Ecrit et de l'Image, et l'instauration de cette taxe conçue de manière plus affinée par Me Gitton sous la forme de la PSTA et de la TCP. J'ai animé un temps ce collectif et ce syndicat, avec Patrice Favaro, Yves Pinguilly, Stephane Girel, Frédérick Mansot et d'autres. Puis nous avons mis la clé sous le paillasson. À cette époque, j'ai remis toutes les archives de ce syndicat à La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse.





«S’il n’avait tenu qu’à lui, le Père Noël serait descendu chez tous les enfants. Il aurait décuplé ses forces et il y serait parvenu en une seule nuit. Mais ce n’était pas lui qui décidait. Quelques jours avant le 25 décembre, il recevait par la Poste une liste de noms. Il ouvrait alors son grand cahier, celui où il notait les adresses des enfants qui lui avaient écrit, et il cochait les noms indiqués sur la liste. À ceux-là, il apporterait un cadeau. Aux autres, non. Il n’avait jamais vraiment su qui lui envoyait cette liste, mais d’aussi loin qu’il pouvait s’en souvenir, ça s’était toujours passé comme ça. Et, la nuit du 24 décembre, il n’écartait jamais son traîneau du chemin ainsi tracé par son correspondant anonyme. Le Père Noël trouvait cela injuste, mais il préférait ne pas trop y penser. Y penser lui aurait fait perdre sa joie de Père Noël. Et, sans cette joie, il ne serait plus descendu chez aucun enfant. Cela n’aurait-il pas été encore plus injuste ?»
(p. 11 - 12, et sur la photo le Père Noël est dans l'atelier de Benoît Morel )


La page du blog de VivreLivre qui parle de Vive La France!, c'est ici.

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Mourir à Paris

En un instant tout est parti
Les assassins sont dans Paris
Chargés d'une haine inassouvie
Propagateurs d'une tyrannie

En un instant bref de la vie
Tout est parti, tout est fini
Pourquoi, comment, se sont-ils dit
L'image provoque une telle tuerie ?

Pour les profanes ou les prophètes
Où sont les dieux, où est la fête ?
La lumière douce de l'amitié
A disparu dans l'encrier

Prédicateurs de malheur
Fabrication de la terreur
Ni dieu ni maître ni feu ni fer
Pourquoi les hommes font-ils la guerre ?

Miroir des conflits du Levant
Déracinement de nos enfants
Les va-t-en guerre, aux dents de sang
Se foutent des peuples innocents

Démocratie ou barbarie
Que reste-il de nos vies ?
Ni soumission ni inconscience
Lève le crayon de l'espérance (bis)

Il n'y a pas de guerres saintes
Il n'y a pas de guerres justes
Il n'y a que des guerres sales
Aux frappes chirurgicales

Il n'y a pas de guerres saintes
Il n'y a pas de guerres justes
Il n'y a que des guerres lâches
La souffrance des otages

Il n'y a pas de guerres propres
Il n'y a pas de guerres justes
Demande à tous ces morts
Quel était donc leur tort ?


Autres titres du jUkeBoX de [sTenciL] : pLaylisT

«Chacun lira ce qu'il a envie dans cette histoire, une dénonciation du trop et un laisser-aller général, une fête en perte de vitesse et une magie qui s'étiole, si on ne fait pas plus attention... Mais il y a aussi ce regard sur ce qui nous entoure, sur le monde bancal et le bilan d'une vie pleine et riche, jusqu'au point de non-retour. C'est assez triste, surtout la fin, mais je trouve aussi que ce texte fait réfléchir, qu'il est fort et revigorant, qu'il permet d'attendre Noël avec une autre impatience. Ce livre ne brise pas les rêves, au contraire. Il participe à les entretenir, il ne prend pas les enfants pour des imbéciles, il leur raconte une histoire intelligente, qui dit que chacun fait ce qu'il veut après tout, mais que ce serait dommage aussi de fermer les yeux. Alors, je vous le répète, lisez ce livre ! Et donnez-le à lire à vos enfants ! » - Clarabel, sur son blog.


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