https://www.facebook.com/tamaraweberfillion

Combattre pour le revenu des auteurs en pleurant famine est vraiment une stratégie aussi mauvaise que larmoyante. Parce qu'un auteur affamé, c'est tout aussi possiblement un auteur qui ne vend pas, qui ne vend plus.

Or vivre de l'écriture, ce n'est pas seulement écrire - sauf à vouloir un statut de salarié pour les écrivains. Le livre, c'est aussi du commerce. Pour une raison ou une autre, tu vends assez : tu vis de ton écriture. Pour une raison ou une autre, tu ne vends pas assez : tu ne vis pas de ton écriture, même si tu trouves ça scandaleux et que tu en es meurtri au plus profond de toi.

Sur cette question, la seule revendication qui tient la route est : l'auteur perçoit-il suffisamment sur la vente d'UN exemplaire ? C'est tout le sens de la taxe PSTA ("droit fixe"), non soumise à la répartition du prix du livre, qui pourrait venir s'ajouter au droit d'auteur proportionnel : une taxe justifiée par le travail fondateur et spécifique de l'auteur. Une taxe sur toute transaction marchande concernant le livre, papier ou dématérialisé, à prix plein ou soldé.

Exemple : sur un livre ou un ebook à 10€, 8% de droit d'auteur = 0,80€ + PSTA à 0,50€ = 1,30€. Sur un livre à 5€ avec un auteur et un illustrateur, 4% de DA pour chacun = 0,20€ + PSTA à 0,25€ = 0,45€ pour chacun. Sur un livre soldé sur lequel actuellement l'auteur ne touche rien : 0€ de DA + PSTA 0,50€ = 0,50€.

Prenez vos derniers relevés de droits d'auteur. Calculez. Vous verrez la différence. Et je ne parle pas là seulement pour les auteurs qui ont leur visuel en 4x3 dans le métro ou qui passent à la TV, mais pour les autres aussi. Et même pour ceux qui ne vendront jamais assez pour en vivre.


Et voilà... Je n'étais pas en France samedi soir, je n'ai pas pu voter pour Tamara, et ils l'ont virée… (la première fois que je suis monté dans un avion j'ai fait attention à ne pas bouger sur mon siège pour ne pas risquer de faire tomber l'avion).
Ah les trop nuls !!!!!!!!!!!!!!  :'(


Son album Time, Wind & Fire (2014)

Je suis rentré du Québec où, durant le congrès De mots et de craie, j'ai définitivement concrétisé une décision prise il y a quelques temps déjà : mes dernières rencontres avec des lecteurs enfants et avec les médiateurs du livre jeunesse. Et je suis content d'avoir tourné cette page dans ce congrès là-bas, dans cette école là-bas, dans cet hôtel là-bas. Il y a un temps pour tout.


3 de mes albums viennent de paraître en poche :
  • Wahid (l'amour est plus fort que la guerre) illustré par Olivier Balez chez Albin Michel (5,50€)
  • Moi DieuMerci qui vis ici (qui raconte l'histoire de mon ami DieuMerci) également illustré par Olivier, toujours chez Albin Michel (5,50€ - et merci pour ces deux là à Lucette Savier)
  • Il faudra (Et il décida… de naître), illustré par Olivier Tallec, chez Gallimard (4,90€) - et pour celui-là merci à Emmanuelle Beulque des Éditions Sarbacane chez qui paraîtra à l'automne un nouvel album illustré par Betty Bone : "Vivants".
En librairie our sur le site des librairies indépendantes : ici



"Découvrez le confort et la tranquillité grâce à cet hôtel de type urbain zen à saveur new yorkaise. L'environnement à la fine pointe de la technologie vous permettra de rester connecté à la réalité tout en vous évadant du quotidien..."

La publicité de l'hôtel québécois 4 étoiles où je me trouve, invité par le congrès De mots et de craie, n'est pas mensongère. Évadé de mon quotidien, je reste toutefois connecté à la réalité, et je reçois par mail (grâce au WIFI gratuit) deux relevés de droits d'auteur pour des albums sortis en 2012 et 2014 (en France). Pour l'un, le résultat des ventes est : - 85 exemplaires (les retours supérieurs aux ventes). Pour l'autre : +73 exemplaires vendus en 2015: 30,10€ de droits d'auteur.

"Tabernacle ! je pense d'abord. Que n'ai-je écouté la Charte ! L'illustratrice et moi, on n'aurait pas dû accepter 6% à se partager ! On aurait dû exiger 10% comme en littérature adulte !"

Après j'ai calculé: avec 10% je n'aurai perçu que 20€ de plus... Pas de quoi, une fois que je ne serai plus gracieusement et délicieusement nourri ici, échapper à la famine qui guette l'auteur jeunesse ("Se consacrer à l’écriture ou à l’illustration, c'est mourir de faim" dixit La Charte).

Et c'est là que j'ai compris ! Le problème, ce n'est pas l'éditeur, c'est le lecteur ! Non mais qu'est ce qu'ils foutent, les lecteurs, à n'acheter que 73 exemplaires de mon album, mais des dizaines, des centaines de milliers d'exemplaires d'autres livres - et parfois d'un seul même auteur jeunesse autre que moi ? De quel droit ils n'achètent pas mes livres, les lecteurs ? Je les ai écrits ces livres, merde !!! Ils cherchent ma paupérisation ou quoi ?

Alors voilà. Je vais lancer une pétition contre les lecteurs qui n'achètent pas mes livres. Ou utiliser une plateforme de financement participatif : "Si vous n'avez pas acheté mes livres, faites moi vivre quand même". En attendant, ce soir je mange chez Yves Nadon avec Michaël Escoffier, Manon Gauthier, Stéphane Poulin, Olivier Balez et Alexandre Jardin. Autant en profiter....

L'album que j'ai cosigné avec Manon Gauthier (et je ne le regrette pas, oh non !) aux éditions D'Eux d' Yves Nadon parait aujourd'hui au Québec. Ne le cherchez pas en France il n'y est pas disponible... Mais vu que je me trouve en ce moment au Québec invité à intervenir au congrès De mots et de craie (oui, c'est vachement galère la vie d'auteur jeunesse, on n'arrête pas de vous le dire), j'en ramènerai dans ma valise et j'en vendrai sur mon blog. Donc pas la peine de l'acheter sur amazon.ca ! Et merci à Sylvain et Lulu pour cette critique:

Un album enveloppant comme les bras d’une mère que l’on a aimée. Une mère disparue, mais qui sera toujours là. Thierry Lenain et Manon Gauthier touchent ici l’essence de cette tendresse éternelle qui nous habite.
Une œuvre magnifique construite en un bouquet de souvenirs, tous ces petits gestes quotidiens qui nous ont permis de grandir doucement et d’oser sourire à la vie.
Que l’on ait 4 ou 54 ans, c’est le cœur plein de bienveillance qu’on se laisse porter par les mots délicatement tissés par Lenain et les sublimes illustrations de Gauthier.
Un album d’une simplicité émouvante, désarmante. On n’a qu’une envie, parler de notre mère. Et surtout, lui redire qu’on l’aime, qu’elle soit à nos cotés ou logée en notre cœur. Un livre parfait pour susciter les échanges et les complicités.
Elle sera toujours là est un ouvrage intime… comme une chanson susurrée à l’oreille, un câlin protecteur ou un baiser sur la joue. Laissez-vous aller, ne boudez surtout pas votre plaisir!

Sylvain et Lulu
Pour d'autres suggestions de lecture : http://sylvainetlulu.com/LIRE/index.htm
La classe d'accueil du collège Édouard Vaillant de Bordeaux monte actuellement Moi Dieu Merci qui vis ici avec Wahid Chakib pour le jouer au TNBA (Bordeaux) le 17 juin.


Pour les contacter :

Planning familial 37
10, Place Neuve
37000 TOURS
02 47 20 97 43
mfpf37@wanadoo.fr


Un petit prix [6,95€] pour le premier titre d'une collection...  

Un petit prix [5,95€] pour mon premier livre de grand-père, et c'est magnifique la vie qui avance même quand on vieillit.

Un petit prix [5,50€] pour leur rappeler que, oui, il a le droit de vivre ici et [5,50€] pour répéter que, oui, vive le métissage plus fort que la guerre.


L'émission Sud radio c'est vous de mercredi dernier était consacrée à la question Comment parler de sexualité aux enfants?, et on m'avait proposé d'y participer. En ligne ici : http://www.sudradio.fr/…/Su…/Maman-comment-on-fait-les-bebes


«Quand deux fleuves se rencontrent /  ils n’en forment plus qu’un / et par fusion nos cultures deviennent indistinctes  / elles s’imbriquent et s’encastrent  pour ne former qu’un /  bloc d’humanité debout sur un socle.» - Vidéo : ici

2004 - Demain les fleurs (comme dirait Mélenchon) - Des arbres morts qu'un grand-père et son petit-fils s'acharnent à recouvrir de pages de livres transformées en fleurs de papier.... Le premier album dont elle n'était pas l'auteur et qu'Anne Brouillard a accepté d'illustrer (oui, je m'la pète, mais y'a de quoi émoticône smile )- Exergue : «Demain il fera nuit, je l'ai lu dans un livre, et les enfants iront de porte en porte, de ville en ville.» (Gérard Manset) - Dédicace : «À mes enfants, qu'ils n'hésitent pas, si un jour leur printemps ne vient pas, à arracher les pages de mes livres.» - Joyeux Noël à tout le monde. A l'année prochaine avec de nouveaux livres illustrés (et j'en suis très heureux !) par Manon Gauthier illustration,Ana Pez, Thanh Portal, Benoît Morel, Jean-Luc Englebert et un(e) autre artiste pas encore trouvé(e). À paraître chez D'Eux (Yves Nadon), Éditions Sarbacane, Éditions Nathan, Little Urban et Oskar Éditeur.



Alors là, je ne pourrai pas remonter plus loin, vu que c'est mon premier bouquin en 1988, illustré par Romain Slocombe himself, celui de Tokyo Girl, j'hallucinais! Un an plus tôt, impressionné comme un môme qui apporte sa rédac, j'avais retravaillé le manuscrit dans l'appartement parisien de Claude Gutman à qui je dois beaucoup (avec Catherine Teissandier, Joseph Périgot, Suzanne Bukiet...), et chez qui j'ai peut-être croisé le jeune ado Colas Gutmanqui avait 15 ans émoticône smile Exemplaire acheté à la Librairie Arthaud à une époque où les numéros de téléphone n'affichaient que 8 chiffres... Le texte de l'édition actuelle a été modifié pour, se rapprocher d'une première mouture du texte (merci à Syros)




Une autre des raisons pour lesquelles je n'ai pas signé la pétition de la Charte, c'est sa plainte à propos des à-valoirs présentés comme une des causes de la famine des auteurs : «les maisons d'édition proposent des à-valoir dérisoires».

Mais les à-valoirs, c'est pas une rémunération, c'est -la plupart du temps- un attrape-couillons, un os à ronger.

L'à-valoir, c'est ce qui fait qu'en réalité les auteurs acceptent un système où ils ne perçoivent le revenu de leurs ventes qu'au bout d'un an et demi quand ce n'est pas plus. Alors qu'un paiement au moins tous les six mois, ça ne serait pas qu'un peu normal, non ?

L'à-valoir, c'est ce qui fait que quand tu n'es pas un auteur à succès, tu acceptes un droit d'auteur plus faible que s'il n'y avait pas d'à-valoir.

L'à-valoir, c'est ce qui fait que tu peux être plus payé que ce que tu vends…. ce qui n'a en soit rien d'une évidence logique, et qui surtout permet par ailleurs au sytème de t'imposer d'autres trucs bien moins avantageux.

L'à-valoir, c'est ce qui fait que t'écris pour l'à-valoir.

L'à-valoir, c'est le système qui laisse à penser que tous les éditeurs sont des gros capitalistes avec des comptes en banque qui explosent et qu'ils n'ont qu'à puiser dedans.

Et - last but not least - l'à-valoir, c'est ce qui permet de faire croire qu'on te paie un temps de travail, mais en réalité pas du tout. Quand un éditeur commande une oeuvre à l'auteur - je pense notamment aux illustrateurs - c'est le temps de travail nécessité par cette oeuvre qui devrait être effectivement et concrètement payé, sans remboursement sur les droits d'auteur à venir qui ont eux à voir avec la propriété de l'oeuvre et ses ventes. En fait, un illustrateur à qui on commande un travail et qui est "rémunéré" avec un à-valoir, c'est un illustrateur qui, en 2015, travaille gratos.

L'à-valoir, plutôt qu'être une arme du système pour que l'auteur accepte de se faire avoir, ne devrait être qu'un moyen de pression de l'auteur à succès pour obtenir quelques avantages de plus. Autrement, le plus souvent, c'est un attrape-couillons.

Papy Thierry 




Hier plusieurs chiffres sont venus se télescoper sur mes écrans, et qui parlaient de la même chose: ventes et tirages des livres jeunesse. En même temps, c'est normal que ces chiffres soient aujourd'hui si médiatisés: l'édition jeunesse migre vers la cour des grands, et c'est maintenant la com' façon "marketing des grands" qui se charge d'elle. Et c'est quoi l'argument qu'elle préfère, la com' des grands ? Celui du vedettariat défini par le nombre de ventes.

Et hop donc: ici on vous présente un auteur jeunesse à 3 millions d'exemplaires, là deux autres à 10 millions… Ici, c'est le placement en à peine quelques mois de 12000 exemplaires d'un roman à 15€, là le tirage d'un autre qui atteint 22000 exemplaires encore plus rapidement… Ailleurs c'est la traduction revendiquée d'un roman dans 29 langues, là c'est une adaptation au cinéma…

Qu'on ne se méprenne pas: sincèrement, je dis bravo à ce succès. Il est justifié et je ne prétends pas le moins du monde qu'il prouverait qu'il n'y a pas à se battre pour un taux de droit d'auteur réajusté pour tous (et à se battre pour davantage, même, puisque je pense pour ma part qu'il faudrait, en sus, imposer le PSTA).

En revanche, amis chartistes, je me permets une petite remarque : il serait peut-être opportun de revoir l'argument de la pétition que vous m'invitez à signer : «Se consacrer à l’écriture ou à l’illustration, c'est mourir de faim.»

Parce que même si, en se référant à votre autre affirmation chiffrée et quelque peu globalisante, ces auteurs à succès sont à 6%  - ce que je ne veux pas savoir - affirmer qu'ils meurent de faim prête à sourire… Ou alors c'est ne faire référence qu'aux auteurs qui vendent peu, ou qui vendent des ouvrages à bas prix ?  Mais je ne suis pas sûr que même 3% de plus apaiseront les estomacs criant famine de ceux-là (et par ailleurs, pourquoi un auteur qui se consacrerait à l'écriture ou a l'illustration, et qui ne vendrait que peu, devrait-il pouvoir tout de même vivre de son travail? Il n'y a rien d'évident là-dedans...)

Ce qui, encore une fois, ne signifie pas qu'il n'y a pas à se battre pour obtenir 3% de plus. Il faut se battre, mais simplement au motif qu'il n'est absolument pas normal que l'auteur perçoive si peu sur ce que débourse un acheteur pour UN exemplaire de ses livres. Il n'y a pas besoin pour le justifier d'écrire un argumentaire misérabiliste, ou de se la jouer nouveaux damnés de la terre. Il n'y a pas besoin d'invoquer d'autres raisons, et notamment celle qu'il faudrait forcément que l'auteur puisse vivre de son écriture ou de son illustration. Ça, c'est une autre question, bien plus complexe, qui dépend de bien plus de facteurs que le seul droit d'auteur. Avancer cette raison pour exiger 3% de plus, c'est se priver à court terme, je le crains, de pas mal de crédibilité...

(…) Tueur de Chats continuait à délirer tout seul, qu'on était plus chez nous (…) Quelqu'un lui a répondu - Faut t'y faire grand-père, aujourd'hui la France elle est de toutes les couleurs !

J'ai trouvé ça joli comme phrase, on aurait dit un arc-en-ciel, mais Mehdi pleurait toujours. (…)


C'était dans le premier texte que j'ai écrit, en 1986, pour mon premier enfant encore dans le ventre de sa mère (j'écris pour les enfants, pas pour être écrivain). 30 ans plus tard, cet enfant a enfanté à son tour. Et dimanche soir, quels que soient les résultats, le soleil sera au fond de nos poches.